Accueil du site de l'ouraline.  
  Copyright | Webmaster | Plan du site | Légal | Liens  

MM. de FONTENAY, BONTEMPS et ROBERT, primés en 1838.

 

Visiter les galeries.
Voir


Visiter la bibliothèque.
Savoir

 
Savoir > Événements > Société Encouragement Industrie Nationale > Remise des prix 1838
 
       
     
   

Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.

Bulletin de Décembre 1838,
Approuvé en séance générale, le 16 janvier 1839.

Par M. Jean Baptiste DUMAS,
qui sera Président de cette société de 1845 à 1864.

 
     
    Information importante. Le texte qui suit est retranscrit tel qu'il est paru à l'époque.  
   

 

Rapport sur les concours ouverts pour le perfectionnement de l'art du verrier.

La Société d'Encouragement a quelquefois eu la satisfaction de voir remporter, au grand profit de notre industrie, des prix qu'on aurait pu croire proposés d'une manière prématurée, et dans lesquels la pensée scientifique semblait avoir devancé de longtemps les moyens à la disposition de la pratique. C'est ainsi que la découverte et la fabrication économique de l'outremer factice sont venues, à l'étonnement général, répondre à l'appel fait au public par un programme parti du sein de cette Société, et qui sera toujours regardé comme une heureuse hardiesse de sa part.
Ce succès et d'autres du même genre ne suffiraient pas néanmoins pour justifier un système de prix qui consisterait à jeter ainsi dans le monde industriel des idées détachées les unes des autres, des problèmes sans liaison entre eux et dont on demanderait la solution.
La Société d'Encouragement a un rôle plus large et plus digne à remplir, et elle l'a bien compris, quand, s'attachant à une industrie importante, elle a essayé, par des prix sagement combinés, à lui donner tout d'un coup une impulsion importante et durable. Tel est le résultat qu'elle a obtenu pour la lithographie, l'art du verrier et peut-être aussi pour la fabrication du sucre de betteraves.
Il est facile de comprendre tous les avantages de ce système de prix combinés. En effet, quand la Société s'adresse à une industrie importante, et qu'elle propose à la fois un certain nombre de prix destinés à provoquer des améliorations dans chacun de ses procédés, elle excite à la fois toutes les intelligences, elle remue profondément toute une classe d'industriels, et elle fait naître en même temps les améliorations qu'elle a provoquées, et même d'autres améliorations qui s'y rattachent et auxquelles elle n'avait point songé elle-même.
Elle fait plus, en excitant ainsi une puissante impulsion, elle crée un mouvement progressif durable, et quand une industrie a été l'objet d'un concours d'efforts aussi sérieux, elle peut être ensuite livrée à elle-même sans inconvénient pendant plusieurs années; sa marche continue vers le progrès en vertu de la vitesse acquise.
Les prix dont nous avons à entretenir la Société, offrent précisément ce caractère; car il existe dans nos programmes des prix en faveur de la fabrication des bouteilles à vin de Champagne, pour la fabrication d'un verre peu fusible, des verres colorés, des verres décorés, du flint-glass destiné aux instruments d'optique, et enfin du crown-glass pour le même objet.
L'industrie du verrier, tout entière, s'est émue à l'annoncé de ces prix, et nous avons aujourd'hui la satisfaction de pouvoir proclamer que trois d'entre eux ont été remportés ; que le prix pour les bouteilles à vin de Champagne a amené d'heureuses améliorations déjà, et que le prix extraordinaire, que la Société a si noblement consacré à récompenser la fabrication du flint-glass en France, sera sans doute remporté lorsque le moment de le décerner sera venu.
Mais il y a plus, des améliorations que nous n'avions pas provoquées sont venues se produire; des objets de fabrication auxquels nous ne songions pas ont été découverts par des concurrents ingénieux.
Exemple remarquable, dans les fastes de la Société, de ce que l'on peut obtenir en appelant les efforts de tous vers un même but. Cette action des masses, nous ne saurions trop chercher à la mettre à profit; ce mouvement simultané de toutes les intelligences vers un but commun, nous ne saurions trop l'exciter, quand il s'agit d'industries vitales, comme il est facile d'en trouver un grand nombre et plus qu'il n'en faut pour servir d'aliment à nos prix.

En rendant compte en détail des prix sur l'art du verrier qui doivent être décernés dans la séance d'aujourd'hui, nous allons vous entretenir de faits accomplis, de produits acceptés par le commerce, qui décorent tous nos magasins maintenant, et qui étaient inconnus en France au moment où la Société a proposé ses prix. Le service qu'elle a rendu est si clair, si évident en pareil cas, qu'on peut dire qu'elle a été chercher cette industrie à l'étranger, et qu'elle l'a transportée dans notre pays dans l'espace de quelques mois et avec un sacrifice de quelques milliers de francs, qui vont bientôt créer en France un travail annuel s'élevant à une somme centuple de la valeur du prix.

Prix de 4,000 fr. pour la fabrication d'un verre blanc peu fusible.

Depuis dix à douze ans, les recherches d'analyse organique, et, généralement parlant, les expériences de chimie délicate, ont fait sentir en France la nécessité de se procurer un verre blanc assez difficile à fondre pour résister longtemps à la température rouge sans se ramollir.
Tout le monde comprend combien de ressources offre au chimiste ou au physicien un verre propre à se travailler à la lampe, à une forte chaleur, et capable néanmoins de supporter une chaleur rouge, sans perdre sa forme ou même les dimensions premières. ?
Dire que les arts eussent besoin d'un verre de cette espèce, ce serait peut-être aller trop loin. Jusqu'ici les vases de verre vert, ou les vases lutés, ont, suffi aux usages industriels pour les opérations communes. Cependant il ne peut demeurer douteux que l'introduction, dans le commerce, d'un verre moins fusible que ceux dont nos manufacturiers ont été forcés de se servir jusqu'ici ne modifie bientôt quelques-uns de leurs procédés.
Le prix proposé par la Société n'offrait aucune difficulté technique, mais il présentait quelque difficulté commerciale. Tout verrier peut parvenir à faire du verre blanc peu fusible, mais toute verrerie ne peut en fabriquer couramment avec profit, et par conséquent d'une manière durable.
Voire Comité avait donc ici à constater non seulement le fait de la fabrication en lui-même, mais, et surtout, la continuité de cette fabrication, et son importance commerciale.
Deux concurrents se sont présentés, et tous les deux ont bien compris qu'ils devaient loyalement soumettre à la Société des produits d'un travail courant, et non des résultats exceptionnels, faciles à obtenir partout. Cette circonstance a rendu facile le jugement de votre Comité des arts chimiques.
En effet, l'un deux, inscrit sous le n° 1, placé, à la tête d'une verrerie des Vosges, et pouvant y disposer de bois à bas prix, s'est livré avec plein succès à la fabrication des tubes ou ustensiles de chimie.
Dans son laboratoire, votre rapporteur en a consommé de grandes quantités, et il a constaté que les tubes résistent à l'égal des tubes de Bohème du meilleur choix. Il s'en est procuré tantôt en s'adressant directement à la fabrique, tantôt dans le commerce, afin de voir si dans le premier cas on ne lui fournirait pas des produits différents de ceux qui seraient livrés au commerce lui-même. Mais, dans les deux cas, les tubes ont toujours été de même qualité.
Tous les chimistes qui se livrent à des recherches ont eu l'occasion de consommer des tubes de ce genre, et d'en apprécier les excellentes qualités. La Société leur a rendu, en proposant ce prix, un service dont ils seront toujours reconnaissants.
Votre Comité n'hésite donc pas à déclarer que le concurrent n°1 a satisfait aux données principales de la question posée, en livrant aux commerce des tubes ou ustensiles de chimie doués d'une très grande résistance au feu, et propres à toutes les recherches délicates de la chimie ou de la physique.
Un autre concurrent, qui s'est fait inscrire sous le n°2, a également fabriqué des tubes et des ustensiles de chimie, et de plus il a présenté des vitres propres à recevoir les peintures à la moufle et des vases destinés aux expériences électriques.
Tous ces produits annonçaient une main habile, mais évidemment gênée par le prix du combustible; Les tubes comparés aux précédents se sont montrés plus fusibles; ils n'auraient pas satisfait aux besoins des chimistes.
Cependant les vitres du concurrent méritaient l'attention particulière du Comité des arts chimiques, à cause de leurs bonnes qualités pour la peinture sur verre, qualité constatée par un long emploi. Il était nécessaire de leur décerner une récompense, car la fabrication de ces sortes de vitres offre des difficultés spéciales, par la nécessité de donner à un verre peu fusible la propriété de recevoir certaines couleurs, qui, comme le jaune, ne se fixent pas sur toute sorte de verre. .
Votre Comité a donc l'honneur de vous proposer de partager le prix de 4,000 fr., pour la fabrication du verre blanc peu fusible, entre les deux concurrents. Celui qui est inscrit sous le n° 1 est à M. De FONTENAY, ancien élève de l'école centrale des arts et manufactures, directeur de la verrerie de Plaine-de-Valch, dans les Vosges, appartenant à M. le baron de Klinglin.
Celui qui est inscrit sous le n° 2 est M. BONTEMPS, déjà couronné par la Société dans une autre occasion, et qui dirige avec tant de succès et d'habileté la belle verrerie de Choisy-le-Roi.

Prix de 3,000 fr. pour la fabrication du verre teint dans la masse ou du verre à deux couches.

En proposant ce prix, la Société avait pour objet de créer en France l'industrie de la gobeleterie colorée, qui avait pris en Bohême un essor si remarquable, et de ranimer la fabrication des vitres colorées, nécessaires à la production des vitraux peints.
Elle pensait que les concurrents pourraient se livrer simultanément à ces deux genres d'industrie, sans pourtant faire une condition de leur réunion. En effet, pour faire des vitres colorées, il faut être monté pour la fabrication des vitres elles-mêmes, et pour faire de la gobeleterie de luxe, il faut avoir à sa disposition d'habiles souffleurs. Ces deux conditions pouvaient se trouver réunies; elles pouvaient se produire séparément; c'est ce dernier cas qui s'est réalisé.
Relativement à la gobeleterie colorée dans la masse ou doublée, un seul concurrent s'est présenté, et on peut dire qu'il a surpassé par son succès les espérances de la Société, car il a fourni au commerce, au même prix que les verreries de Bohême, toutes les nuances obtenues par celles-ci.
Non seulement il a fait de la gobeleterie doublée en bleu de cobalt et vert de cuivre, mais encore de la gobeleterie doublée en pourpre de cuivre, en rose d'or, et en groseille ou grenat, à l'aide du même métal.
Le commerce s'est emparé rapidement de ces produits nouveaux, et l'on peut dire que c'est une branche d'industrie acquise désormais à la France, soit parce que la production en est assurée, soit chose non moins nécessaire, parce que le débouché est ouvert et la consommation bien assise désormais.
En même temps que la Société recevait la gobeleterie doublée dont on vient de parler, il lui était adressé des échantillons de vitres doublées par un autre concurrent. Celles-ci sont d'une grande utilité pour la peinture sur verre et se font à l'imitation de ces vitres pourpres, à deux couches, qui sont devenues maintenant d'un usage si commun pour les voitures omnibus, qu'elles servent à désigner au loin pendant la nuit.
Le concurrent qui s'est présenté pour la fabrication de cette sorte de produits a adressé à la Société non seulement le verre doublé pourpre, mais aussi du verre doublé bleu, du verre doublé violet et du verre doublé vert.
En outre, il fabrique des vitres teintes dans la masse, en toutes les nuances demandées par le commerce.
Et enfin, ce concurrent est le même qui avait présenté à la Société des vitres propres à la peinture sur verre et douées de toutes les qualités qui leur sont nécessaires.
Votre Comité a pensé que le premier concurrent avait parfaitement répondu à l'appel de la Société en ce qui concerne la gobeleterie ; mais que le second n'avait pas moins bien rempli ses désirs en ce qui regarde la fabrication des vitres blanches, teintes dans la masse ou doublées, que le peintre sur verre réclame. ..
En conséquence, il vient vous proposer de partager le prix entre ces deux concurrents, qui sont, comme précédemment :
Le premier, M. De FONTENAY, directeur de la verrerie de Plaine-de-Valch ; Et M. BONTEMPS, directeur de la verrerie de Choisy-le-Roi.

Prix de 5,ooo fr. pour la peinture ou la décoration des objets de gobeleterie.

La Société d'Encouragement a voulu donner une puissante impulsion à • l'art du verrier, et elle y est parvenue. L'appel qu'elle a fait à tous les fabricants a profondément remué cette industrie, et on peut affirmer qu'elle est lancée pour longtemps dans la voie du progrès.
Rien ne le prouve mieux, du reste, que le résultat obtenu par le concours dont nous rendrons compte.
Depuis quelques années, on fait en Bohème du verre assez dur pour résister au feu de moufle, et pour y recevoir des peintures ou décors fixés par un verre plus fusible, mais pourtant capable de résister à l'usage.
En France, tous nos essais demeuraient sans résultat, faute d'un verre de gobeleterie assez résistant. La Société d'Encouragement a voulu faire disparaître cette lacune de notre industrie en proposant le prix qui nous occupe.
Mais à peine le programme a-t-il été connu, que les verriers se sont mis à la recherche des moyens qui pouvaient leur permettre d'atteindre le but proposé par la Société, par d'autres moyens que ceux qu'elle avait en vue, et si le succès n'a pas répondu jusqu'ici à leur espérance, du moins est-il que les résultats obtenus méritent quelque attention. »
Le premier consiste en un essai de décorations du cristal, qui s'effectuerait à très bas prix, car il prendrait pour base le cristal moulé. C'est sur les moulures elles-mêmes qu'on applique rapidement au pinceau une espèce d’enluminage en couleur fusible. On passe la pièce à la moufle et la couleur en sort fixée.
Cette méthode a l'inconvénient d'exiger l'emploi d'une couleur très fusible et par suite très peu colorée; elle ne peut donner qu'un enluminage mal arrêté dans ses contours, et dépourvu de vigueur. Deux concurrents vous ont soumis des pièces exécutées par ce procédé. Le résultat est curieux, inattendu même; mais jusqu'ici le Comité n'y voit rien qui mérite d être encouragé; plus tard on pourra y revenir au besoin.
Votre Comité en dit autant des essais faits par un troisième concurrent, qui a cherché à reproduire des pièces analogues à celles qu'on trouve dans les produits des verreries vénitiennes, et où la décoration, appliquée sur la pièce, était fondue non pas à la moufle, mais à l'ouvreau même du four de fusion, pendant le travail de la pièce; de là une grande économie, mais aussi une grande difficulté à créer des dessins purs et arrêtés. Le concurrent dont il s'agit n'y est pas parvenu; il regarde les pièces qu'il vous a soumises comme des essais, et votre Comité ne veut pas se prononcer sur leur valeur aujourd'hui.
Enfin, vous avez reçu des échantillons nombreux de gobeleterie, décorés à la moufle, d'une beauté comparable, à tous égards, à celle de la Bohême. Votre Comité s'est convaincu que des produits du même genre, et de plus, de plus parfaits, sont livrés journellement au commerce, qui les accueille avec faveur.
Toutes les couleurs de moufle des verriers bohémiens sont appliquées par les nôtres, et désormais notre industrie n'a plus rien à regretter sous ce rapport.
Ce succès a été obtenu par les efforts réunis de M. De FONTENAY, directeur de la verrerie de Plaine-de-Valch et de M. Louis ROBERT, chef des couleurs de peinture sur verre, à la manufacture royale de Sèvres.
Voire Comité vient donc vous proposer de leur accorder le prix de 5,000 Fr., proposé pour la décoration et la peinture de la gobeleterie.
En terminant ce rapport, votre Comité croit qu'il est de son devoir de dire à la Société combien a été complet, de la part de M. le Baron De KLINGLIN, le zèle et le dévouement aux intérêts de notre industrie. Mettant de côté toute question d'amour-propre personnel ou d'intérêt privé, M. De KLINGLIN a laissé le directeur de la verrerie libre d'exécuter tous les essais nécessaires, et la noblesse de sa conduite, en cette occasion, nous est un sûr garant que la haute approbation de la Société lui sera sa récompense la plus douce.
Il a l'honneur de vous proposer également d'adresser à M. BRONGNIART, directeur de la manufacture de Sèvres, des remerciements publics pour le concours qu'il a bien voulu prêter à la Société dans cette circonstance.

Signé DUMAS, rapporteur.

 
   

 

 
         
         
     

Approfondir le sujet.Bibliothéque : Société d'Encouragement.
Proposition de prix pour la coloration du verre par J.-B. DUMAS (1836)
Remise des prix à MM. DE FONTENAY, BONTEMPS et ROBERT (1838)
Objectifs et fonctionnement par M. Jules Radu (1886)
Objectifs et fonctionnement extraits du journal général de la littérature (1801)

   
           
     

Approfondir le sujet.Pour en savoir plus :
La coloration du verre et du cristal par M. A. Sauzay (1868)
Les verres et cristaux de couleur par M. E. Péligot (1862)
Le verre de Bohême par M. GODARD (1861)

   
           
     
Nous écrire... Poser une question à propos de la Société d'Encouragement.
   
     

 

 
 
Fiche détaillée d'un flacon de Bayel.
Origine Cristallerie de Bayel
Epoque Art-Déco (1920-1940)
Matière Cristal moulé ouraline
Modèle BY2603
Signature non signée
Référence 323148

Fiche détaillée d'une salière poivrière à godrons.
Origine Inconnue
Époque Fin XIX° siècle
Matière Cristal moulé ouraline
Modèle  
Signature Sans
Référence 205535
Fiche détaillée d'une coupe à dessert de Portieux
Origine Cristallerie de Portieux
Époque Début XX° siècle
Matière Cristal moulé ouraline
Modèle Cyrano 812 / 7520
Signature moulée PORTIEUX
Référence 717219

Fiche détaillée d'un porte-brosses de Bayel.
Origine Cristallerie de Bayel
Epoque Art-Déco (1920-1940)
Matière Cristal moulé ouraline
Modèle BY2607
Signature moulée Bayel
Référence 753390
 
     
  Accueil  
 

 

 
Copyright | Webmaster | Plan du site | Légal | Liens